Kinshasa : à défaut d’informations fiables, on prend les rumeurs pour vraies

« On a dit, il paraît et on aurait entendu dire », ces petites phrases résonnent fort tous les jours, ou presque, dans nos oreilles. Les rumeurs!  il ne se passe pas un jour à Kinshasa, sans qu’on puisse entendre qu’à une heure donnée, pour une raison quelconque, il y aurait eu quelque chose qui se serait passée quelque part où personne, sauf celui qui raconte l’histoire serait témoin; lui et « on ».jg CK7ooOuWEAAbS-9 CK7oqBVWIAAP5Wa CK7orURWEAEbM5T

Alors qu’on s’approche lentement, mais sûrement de 2016, l’année de toutes les vérités, l’année où chaque caméléon devra choisir une et une seule couleur pour sa peau, l’année des échéances électorales; les informations de tout genre, même celles qui s’apparentent à la pire des folies et des sottises, passent pour vraies.

Petite histoire qui a pour cadre le passage au Rond-point Victoire, un point central de la ville réunissant trois communes les plus mouvementées de Kinshasa : Kasa-Vubu, Kalamu et la commune de Kinshasa. C’est l’un de coins les plus chauds de la capitale, l’endroit où toutes les couches sociales de la population se rencontrent. On peut y voir côte à côte,, musiciens, vendeurs ambulants, ambianceurs, « chégués » (enfants de la rue), parlementaires et vendeurs de journaux. Tous s’y rencontrent dans ce lieu de détente et de curiosité. C’est aussi le meilleur endroit pour les « renards », ces charlatans, bons parleurs et vendeurs de faux journaux qui ne cherchent que des « corbeaux », ces curieux disposés à croire, pourvu que cela soit une histoire racontée dans un journal, un site internet, les réseaux sociaux ou une personne réputée bon parleur.

Malheureusement, ou heureusement peut-être, nos yeux sont tombés sur deux de ces renards, ces vendeurs de journaux à la criée. Des journaux qui racontent tout et rien, qui mélangent vérité et mensonge pourvu qu’ils nourrissent la curiosité du pauvre kinois.

A la Une « Bemba sort de La Haye », « Jean-Pierre Bemba attendu dans un grand pays » et « Moise Katumbi répond à Kabila ». Étonnée, curieuse et attirée par ces affiches, la population s’approche, jusqu’à entourer les fameux vendeurs. Les plus curieux achètent pour lire le fond après, mais d’autres, comme nous, auscultent les pages avant de donner leur argent. Quant aux premiers, ils seront surpris, arrivés à la maison de voir que le fond, le contenu de ces journaux,  ne parle en rien de ce qui est dit dans les titres.En réalité,   ils racontent l’histoire du procès et la réalité est qu’il est encore et toujours en prison et qu’il pourrait y passer encore quelques années de plus, disent les journaux, les vrais journaux.

Que faire, se demande le pauvre Kinois qui ne sait à quel saint se vouer!

 

 

2 Commentaires

  1. C’est un peu ca et je crois que tout revient sur le pays, la RD-Congo devait en principe commencer d’abord par instaurer la vraie démocratie pour enfin permettre à nos aux journalistes de dire la vérité, diffuser ce qui est vrai et enfin pour qu’ils écrivent que des choses qui sont fiables, vérifiables et avec leurs vraies signatures…

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